Cette avenue, qui nous a vus grandir, commence de l'école Marceau et se prolonge jusqu' aux moulins Cohen.
Je la retrouve, pour ainsi dire pareille qu'avant.
Bien sur les Cremades, Rodriguez, Mollard ne sont plus là. Le marchand de bonbons Didi dont l'étalage nous faisait envie et où parfois nous échangions une pièce pour un paquet de « toraïllico » a disparu.
Au carrefour entre l'avenue Kléber et l'avenue Bretaudeau, Aux quatre coins comme on disait, les bars où les cheminots se précipitaient aprés leur travail pour deguster une anisette accompagnée de kémia, sont fermés, seul un café maure reste ouvert avec assis en terrasse des arabes jouant aux dominos en tapant bien fort sur la table.
Des nouvelles épiceries se sont ouvertes avec des étalages comme avant, et où les marchands essayent d'attirer la clientèle avec des « 'oilà les belles fèves mieux que les tomates, poissons plus frais que vous... »
A notre époque nous avions les épiceries « Dib, Garey, Ruiz » mais ma mère préférait prendre les légumes chez Ali.
Ali je le revois avec son bourricot tirant une charrette remplie de primeurs. Ali était aveugle mais il possédait la grâce de reconnaître ses clients.
Avec Madame Mollard, c'était toujours des discutions interminables.
« Ali, choisis-moi une pastèque «
« Voilà Madame Mollard comme du sucre »
« Ouvre là pour voir si tu es sûr de toi »
« Bien sur que je suis sûr de moi »
« Alors ouvres «
« Y a, Madame, ti ouvriras toi même chez toi, si ti la prends ti achètes de confiance ou ti laisses ! ci finie la colonisation ci Di Gaulle qui l'a dit »
Quand je lui tendais le couffin , il ne manquait jamais de prendre des nouvelles de ma mère.
« Oh, Didi, madame Martinez n'est pas malade hein ? »
« Non, mais ma mère, elle demande un kilo de lentilles mais qu'il n'y ait pas beaucoup de pierres mélangées »
Il rigole « Tu diras à ta mère que moi aveugle, j'ai passé la nuit à trier les lentilles, et si vous vous cassez une dent, c'est rien, j'ai un cousin dentiste qui lui fera un prix »
Je remonte doucement la rue en mettant une image, un visage à chaque porte ; je revois les enfants jouant au ballon, à la pelote comme on disait, sur le trottoir ou la rue alors que les mères guettaient sur le pas de la porte le retour de leur mari.
Voilà j'arrive aux moulins, je n'arrive pas à croire que 40 ans après j'ai pu de nouveau parcourir la rue de mon enfance, de là, je la domine, elle n'est plus la même certes mais qu'est que je suis content de la revoir.
Allez, il faut partir, sans se retourner dirait Aznavour, putain l'émotion, vite, vite allons ailleurs...........
Je la retrouve, pour ainsi dire pareille qu'avant.
Bien sur les Cremades, Rodriguez, Mollard ne sont plus là. Le marchand de bonbons Didi dont l'étalage nous faisait envie et où parfois nous échangions une pièce pour un paquet de « toraïllico » a disparu.
Au carrefour entre l'avenue Kléber et l'avenue Bretaudeau, Aux quatre coins comme on disait, les bars où les cheminots se précipitaient aprés leur travail pour deguster une anisette accompagnée de kémia, sont fermés, seul un café maure reste ouvert avec assis en terrasse des arabes jouant aux dominos en tapant bien fort sur la table.
Des nouvelles épiceries se sont ouvertes avec des étalages comme avant, et où les marchands essayent d'attirer la clientèle avec des « 'oilà les belles fèves mieux que les tomates, poissons plus frais que vous... »
A notre époque nous avions les épiceries « Dib, Garey, Ruiz » mais ma mère préférait prendre les légumes chez Ali.
Ali je le revois avec son bourricot tirant une charrette remplie de primeurs. Ali était aveugle mais il possédait la grâce de reconnaître ses clients.
Avec Madame Mollard, c'était toujours des discutions interminables.
« Ali, choisis-moi une pastèque «
« Voilà Madame Mollard comme du sucre »
« Ouvre là pour voir si tu es sûr de toi »
« Bien sur que je suis sûr de moi »
« Alors ouvres «
« Y a, Madame, ti ouvriras toi même chez toi, si ti la prends ti achètes de confiance ou ti laisses ! ci finie la colonisation ci Di Gaulle qui l'a dit »
Quand je lui tendais le couffin , il ne manquait jamais de prendre des nouvelles de ma mère.
« Oh, Didi, madame Martinez n'est pas malade hein ? »
« Non, mais ma mère, elle demande un kilo de lentilles mais qu'il n'y ait pas beaucoup de pierres mélangées »
Il rigole « Tu diras à ta mère que moi aveugle, j'ai passé la nuit à trier les lentilles, et si vous vous cassez une dent, c'est rien, j'ai un cousin dentiste qui lui fera un prix »
Je remonte doucement la rue en mettant une image, un visage à chaque porte ; je revois les enfants jouant au ballon, à la pelote comme on disait, sur le trottoir ou la rue alors que les mères guettaient sur le pas de la porte le retour de leur mari.
Voilà j'arrive aux moulins, je n'arrive pas à croire que 40 ans après j'ai pu de nouveau parcourir la rue de mon enfance, de là, je la domine, elle n'est plus la même certes mais qu'est que je suis content de la revoir.
Allez, il faut partir, sans se retourner dirait Aznavour, putain l'émotion, vite, vite allons ailleurs...........
